Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
• • 193 Le capitaine était un de ces Américains du nord, dont l'esprit est circonscrit dans la pro– fession qu'ils ont emhrassée. Lourd, matériel , la bonté résultait, ch<>z lui, du tempérament plutót que de l'éducafion. Je lui avais été par– ticulierement recommandée, a Valparaiso, par les consig))ataires de M. Chabrié : il avait pour rnoi le plus grand respect et tontes les com– plaisances et attentions que son imagination pouvait lui suggérer. Nous devinmes de suite bons amis, autant que nous pouvions le devenir en parlant des langues différentes, lui, l'an– glais seulernent, et moi , le fran~ais et 1' espa– gnol, qu'il ne comprenait. Il y avait trois passagers américains, outre le docteur. Un d'eux était un homme ass~z corn– mun, et ne parlait ni le fran~ais ni l'espagnol : puis un jeune homme de dix-neuf ans, d'un tres joli physique, d'une humeur sombre et mélan– colique, il était atteint du spleen : on Iui fai– sait faire un voyage aussi long uniquement dans l'espoir de le guérir; mais e'est en vain qu'i l avait passé sous toutes les latitudes du globe; il languissait toujours , nulle amélioration ne se manifestait dans son état : il semblait aspi– rer a une autre vie et n'etre venu dans ce monde 1, 13
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