Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
186 plusieurs lettres a écrire : toutes ces occupations· firent, pour quelques instants, treve aux cha– grins dont mon ame était oppresséet Au rnilieu de tous mes apprets de départ j' eus beaucoup d~ visites : je dus aux embarras du moment l'appa– rence calme avcc laquelle je les _rec;us. Ces per– sonnes venaient me fair.e leurs adieux, les unes par affection, le plus grand nombre par curio– sité. Lt? p!:luvre Chabrié ne pouvait rester en place; il allait et venait alternativement de la chambre au balcon, craignant que ces visiteurs importuns ne s'aperc;ussent de son émotion; de grosses larmes roulaient dans ·ses yeux ; sa voix était altérée; il n' osait dirc une parole; sa dou– leur m'accablait. Nous étant aperc;us que le Léonidas s'appretait a lever l'ancre, je congédiai toutes mes visites. Je ne connaissais ces gens-la que depuis peu de temps; mais nous étious en pays étranger, les uns étaient venps de France avec moi, les au– tres étaienl mes compatriotes , parlaient ma langue, et mon creur se serrait a les voir s'é– loigner. ·Je restai quelques instants scule avec Chabrié. - Oh! dit-il, ·Flora, jurez-rnoi que vous m'ai– mcz, que vous S<'rez a rnoi , que j e vous reverrai
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