Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
139 'COuleur au nom de I' égalité dcvant la loi, et ' tenir trois millions de négrcs dans l' escla!age ', par respect pour la liberté individuelle. En vé– rité, mon cher Chabrié, vous devriez mieux ~J:ioisi1· vos modeles. J'habiterais la Turquie plutót que vos pays de liberté. CttABRIÉ. .- Oh! je sais que vous préférez les pays ou le peuple est souple , ou l'homme qui posséde est tout et le prolétaire rien, parce que vous appartenez a la premiére <le ces deux classes et que vous aimez qu'on vous fasse des cour– bettes; mais la question est de savoir si le plus grand nombre s'en trouve mieux. Quant a moi, je ne comprendrai jamais qu'il y ait justice a sacrifier le bien-etre de vingt-huit millions de prolétaires pour le plus grand bonheur de trois a quatre millions de propriétaires. DAVID. - Qu'entendez-vous par justice? CHABRIÉ. - Je suis étonné de votre question. La justice, telle que je l'entends, est cette regle que Dieu a mise dans nos ames , et que le sau– vage, pas plus que l'homme civilisé, ne peut méconnaitre. DAVID. - Mon ami, on entend partout, par juste ou injuste, ce qui cst conforme ou con– traire a ]a loi du pays Oll a la Yolonté d<· C<'lni •
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