Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

111 la main et me dit avec affection : - Que voulez– vous, chere demoiselle? il faut prendre le monde comme il est ; mais je désirerais , ainsi que je vous le disais a la Praya, vous voir con– naitre ce monde au milieu duquel vous etes des– tinée a vivre, afin d'éviter d'y etre dupe, mé– connue, ridiculisée meme, et, en définitive, malheureuse. Votre candeur sera prise pour de l'hypocrisie, on se servira de vous comme d'un instrument, et vous serez délaissée lorsque vous ne pourrez plus etre utile. La douleur entrera alors dans votre creur bon et sensible, vous vous y laisserez aller avec toute la vio– lence de votre imagination ; le désespoir meme , s'emparera de vous, et vous userez dans la lutte, et par de continuelles déceptions, cette richesse d'organisation dont la nature vous a <louée. - Je vous remercie, mon cher monsieur, dé vos avertissements et de vos conseils. Je crois avec vous que c'est un grand tort de ne pas con– naitre le monde, et, quelque pénible que me soit cette étude , je vous promets d'y apporter désormais une attention suivie; c'est une né– cessité a laquelle il faut se résoudre; les rai– sons que vous venez de me donner, afin de m'y

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