Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
50 tager. Je n 'ai jamais compris le bonhe1u' qu'on trouve a faire naitre un amour auqucl soi-meme on ne peut répondre. C'est une jouiss:mce d'a– mour-prop1'e a laquelle les etres qui ne vivent" que par le creur sont insensibles. Je n'étais pas su.re que M. Chabrié m'aimat; mais, dans la crainte que cela n'arrivat, je crus qu'il allait de ma délicatesse de prévenir la naissance d'un amour que je ne pouvais res- . sentir. L'absence de messieurs David et Miota me donnait un peu plus de liberté : les trois autres passagers ne comprenaient pas un mot de fran– c;ais, je pouvais m'entretenir avec M. Chabrié sans courir le risque d'etre entendue. Le soir, je montai sur le pont ; et , apres m'etre arrangé un divan sur une des cages a poules, je me mis a causer avec M. Chabrié. - Cette nuit est bien belle, lui dis-je; ad– mirez la magnificence de la vo11te étincelante qui couvre nos tetes. Aidez-moi done a classcr toutes ces brillantes étoiles que je vois pour la premiére fois. - Mes connaissances en astronomie ne sont pas assez étendues pour que je puisse vous foire l' énumération des milliers d'étoiles qui scintil-
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